Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 02:32

nikon 030Puffinus-pacificus-OH--2-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les pétrels et les puffins, oiseaux pélagiques par excellence, appartiennent à la famille des Procellariidae. Parmi les 87 espèces actuellement recensées dans le monde (en excluant les prions et sachant que la taxonomie évolue), cinq pétrels et un puffin nichent en Nouvelle-Calédonie : le Pétrel de Tahiti Pseudobulweria rostrata (UICN : NT), le P hérault Pterodroma heraldica , le P de Gould  Pterodroma leucoptera (UICN : VU), le P à ailes noires Pterodroma nigripennis et le Puffin fouquet Puffinus pacificus (appelé aussi Puffin du Pacifique). Ce puffin forme de grandes colonies sur les îlots du lagon, qu’il anime bruyamment de ses chants plaintifs durant la saison chaude. On nomme d’ailleurs ce puffin « pétrel » sur le caillou. Les autres espèces, les « vrais » pétrels, sont moins connus du public car ils sont beaucoup moins nombreux et souvent bien plus discrets. Le P à ailes noires niche sur quelques îlots du lagon, tandis que le P hérault ne niche que sur l’île Hunter. Les pétrels de Gould et de Tahiti nichent dans les massifs miniers de la chaine centrale à travers la Grande Terre, ainsi pour le P de Tahiti que sur certains îlots rocheux du lagon, en particulier ceux similaires aux massifs miniers.

La Calédonie est un territoire important pour la conservation de ces espèces : avec plus d’un demi-million de terriers répertoriés sur les îlots, le lagon abrite plus de 10% des effectifs mondiaux de Puffin fouquet. Les populations calédoniennes du Pétrel de Gould et du Pétrel de Tahiti sont les plus importantes connues actuellement, comprenant plusieurs milliers d’individus, de l’ordre de 5000 à 10 000 pour chaque espèce. Le caillou est donc une véritable « population source » pour ces deux oiseaux menacés : largement plus de la moitié des effectifs mondiaux actuellement connus, et peut être même plus des deux tiers…

L’espace maritime de la Nouvelle-Calédonie, son lagon et ses îlots, ses atolls et  îles éloignées, constitue une zone clef pour l’alimentation et la reproduction de plusieurs centaines de milliers de puffins et de pétrels. Si nous ne naviguons pas beaucoup, il y a un seul moment durant lequel nous pouvons les rencontrer le long de nos côtes : la période de reproduction. Ces oiseaux marins ont la particularité de nicher dans des terriers, creusés dans le sable, ou utilisant des anfractuosités entre des blocs rocheux ou de grosses racines, sur les  îlots ou dans la chaîne centrale de la Grande Terre. Ils sont très sensibles aux prédateurs terrestres introduits, présents par milliers à travers la Nouvelle-Calédonie : chats, chiens errants, rats (par dizaines de milliers !), cochons. Sur les îlots et îles éloignées, les dérangements humains, et parfois la destruction volontaire des terriers et des puffins, s’ajoutent à l’introduction des rats ou encore aux chiens qui divaguent. Pour les pétrels nichant dans la chaîne, P de Gould et P de Tahiti, l’autre menace majeure est la destruction de l’habitat de reproduction par l’exploitation minière et les feux de brousse.

mine poum

Enfin, la pollution des océans et la surpêche industrielle sont de fortes pressions globales s’exerçant sur les zones marines d’alimentation. La liste est donc impressionnante des pressions qui s’exercent sur l’intégralité de la population de ces espèces.

Mais ce n’est pas tout. Une menace plus localisée, plus inattendue aussi, mais néanmoins destructrice, vient achever le parcours du combattant des pétrels et puffins dans leur vol au sein d’un monde dominé par les activités humaines : la pollution lumineuse.

pollution lumineuse goro[1]Poll lumineuse port noumea

 

Lors de leur retour à terre depuis la mer, ou encore suite au premier envol de poussins encore inexpérimentés, ces oiseaux se cognent contre les lumières des éclairages publics, des chantiers et navires miniers et même parfois des maisons ou des voitures. Curiosité naturelle ? Sensibilité à la lumière liée à une alimentation composée en partie d’organismes marins émettant de la lumière (bio luminescence), qu’il faut capturer la nuit lorsqu’ils remontent vers la surface ? Les causes ne sont pas clairement établies mais les faits sont là : de par leur biologie d’oiseaux aussi bien diurnes que nocturnes, les pétrels et puffins sont naturellement attiré par les lumières électriques, et s’échouent régulièrement dessus.  Une aile cassée, un choc violent à la tête, et c’est la mort à plus ou moins court terme. Un marin qui ne reprendra plus la mer. L’accident est souvent favorisé par une météo maussade et pluvieuse qui perturbe l’orientation des oiseaux. C’est une menace certes inférieure aux grandes pressions globales mais contre laquelle chacun et chacune d’entre nous peut agir au quotidien. Depuis plusieurs semaines dans la région de Nouméa/Tontouta, les pétrels de Gould commencent à s’échouer au sol. Entre les conditions climatiques et les pollutions lumineuses, ils vont avoir fort à faire. Par conséquent, la SCO relance durant le prochain trimestre des actions de communication envers le grand public, les vétérinaires, les collectivités et les acteurs socioprofessionnels. Cela a débuté samedi dernier, lors de l'évènement planétaire, Earth Hour, organisé par le WWF pour promouvoir les économies d’énergie et la lutte contre le réchauffement climatique. La SCO est intervenue afin de sensibiliser aux pollutions lumineuses urbaines et industrielles, qui représentent tout à la fois un gâchis énergétique et une menace pour la biodiversité par leur impact sur ces oiseaux marins. Puis cela se poursuit lors de diverses réunions d'information tous publics des prochaines semaines.

Pour en savoir plus sur « SOS pétrels », vous êtes invités à la causerie du Parc zoologique et forestier le mardi 10 avril 2012 à 17h30 puis à la réunion d’information des bénévoles, actuels et futurs, le lundi 16 avril dans les locaux de la SCO – Résidences Magenta – Bâtiment P2 – 41 rue du 18 juin – 98803 Nouméa Cedex Tél/ Fax : 23.33.42. N’hésitez pas à nous contacter si vous trouvez un oiseau blessé (mettez le au calme dans un carton). Et n’oubliez pas de fermer les lumières extérieures la nuit, d’autant plus si vous habitez près de la mer. Un geste simple, une économie d’énergie (et d’argent) doublée d’une action bénéfique pour la biodiversité. Pourquoi s’en priver ?  

Par SCO - Publié dans : Opération SOS Pétrels
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Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 01:37

009.JPGUne trentaine de personnes s'est donnée rendez-vous samedi 24 mars matin à l'université de Nouville pour parler...oiseaux, bien sûre ! Mais pas de n'importe quelle manière. Pour cette première session de formation sur le suivi temporel des oiseaux terrestres de Nouvelle-Calédonie (STOT-NC), nos bénévoles ont pu réviser les bases sur l'identification de la plupart des oiseaux terrestres de Nouvelle-Calédonie, puis commencer à exercer leurs oreilles à la reconnaissance, au chant, de ces mêmes oiseaux. C'est un exercice beaucoup plus difficile...N’est-ce pas ??? Ne vous inquiétez pas avec de l'entraînement, de bons outils pédagogiques et nos formateurs de choc, nous ne pouvons que progresser. Après cette matinée en salle, rien de tel que de l'exercice de terrain sur le Mont Kogny. Trois groupes sont partis se balader en forêt, écouter et reconnaître l'avifaune qui peuple nos forêts. Quelle superbe après-midi, même si les premières séances peuvent être un peu déstabilisantes, elles restent de bonne expérience pour être au contact avec cette belle nature néo-calédonienne. Vers 16h30/17h chacun est rentré à la maison en attendant avec impatience la prochaine session de mai. Bonnes écoutes à tous et à la prochaine.

Par SCO - Publié dans : Vie associative
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Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 01:28

134.JPGLe 10 mars 2012 sur la plage du Vallon Dore, les « stoteurs » de la SCO (être humain ayant une aptitude, quasi surnaturel, à écouter les oiseaux pour participer au suivi temporel des oiseaux terrestres de Nouvelle-Calédonie) se sont réunis afin de faire le bilan de leur travail 2011. Emilie Baby, chargée de mission, formatrice et coordinatrice de cette première année de programme, accompagnée de Thierry Sanchez, consultant aux oreilles bien aiguisées étaient très satisfaits des résultats. En résumé, c'est plus d'une centaine de personnes formées sur le territoire dont une soixantaine en Province Sud. Cette première campagne de suivi a permis d’inventorier une trentaine de carré. C'est pourquoi en guise de remerciements pour tous les efforts entrepris et pour la ténacité des stoteurs 2011 qui ont réalisé leur carré, la SCO a été heureuse de donner à chacun un tee-shirt "Stoteurs For ever". A l’issue de cette présentation, l'apéritif et le pique-nique ont permis à chacun d’échanger sur cette action. Les anciens comme les nouveaux ont pu partager leurs expériences, leurs inquiétudes, les difficultés mais aussi leurs plaisirs et leurs découvertes. Alors devant tant d’enthousiasme, nous poursuivons ce programme de suivi ornithologique participatif ainsi que la mise en place de sessions de formation 2012 pour les bénévoles passionnés et volontaires de la SCO. Tous à vos oreilles et vos jumelles pour cette seconde année.

Par SCO - Publié dans : Vie associative
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 02:57

Deux nouveaux guides viennent de paraître afin de compléter votre collection pour une meilleure identification des oiseaux présents en Nouvelle Calédonie.

 Copie-de-Couverture-pleine.jpg


Oiseaux marins, côtiers et des zones humides de Nouvelle-Calédonie,

 guide d’identification

Par Nicolas Barré, Olivier Hébert et Frédéric Desmoulins

Ce guide de poche décrit de manière concise plus de 60 espèces, celles qui nichent mais aussi les migratrices les plus communes parmi plus de 120 espèces rencontrées en mer, le long des côtes ou dans les zones humides. Il apporte au naturaliste amateur et au gestionnaire les informations nécessaires pour identifier et mieux connaître les oiseaux de ces milieux, complétées par des précisions sur les menaces et les mesures de protection souhaitables à mettre en place.

Prix : 2500 F

 

couv-OTIL.jpg

 

Oiseaux terrestres des îles loyauté,

guide d’identification

Par Olivier Hébert

Ce guide présente en 36 fiches l’ensemble des oiseaux terrestres présents sur les îles Loyauté. Pour chaque espèce sont détaillés les éléments caractéristiques permettant de les identifier : taille, couleur, comportement,…ainsi que leur nom en français, latin, anglais et dans les quatre langues kanak des îles loyauté (nengone, drehu, fagauvea, iaai). Des éléments sur leur place et leur rôle dans la culture kanak sont également mentionnés.

En lien avec ce guide est sorti un poster reprenant les dessins des oiseaux terrestres des îles Loyauté.

Prix : 2300 F

 

Si vous souhaitez vous les procurer, ceux-ci sont disponible dans les principales librairies de Nouméa (Calédolivre, Montaigne, As de Trèfle quartier latin et magenta , pentecoste,…)

En tant qu’adhérent vous pouvez les obtenir au tarif préférentiel de 2000F le guide directement auprès de l’association.

 

Par SCO
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Mardi 26 juillet 2011 2 26 /07 /Juil /2011 22:38

En Septembre 2008, dans le cadre du projet Packard mené en coopération avec Birdlife International,  la SCO a procédé à l’éradication du Rat noir Rattus rattus sur l’îlot Table (14ha) et du Rat du Pacifique Rattus exulans sur les îlots Double (6ha) et Tiam’bouène (17ha). Conformément aux protocoles en vigueur, il est nécessaire d’attendre 24 mois avant de confirmer l’absence des rongeurs en cas de non détection. Plusieurs missions avaient été menées depuis septembre 2008, qui laissaient penser au succès de l’opération. La dernière en date, menée à la mi juillet 2011, a permis de confirmer définitivement l’absence de rongeurs sur ces trois ilots.

 

nereis tiambouene cple

Photos: SCO/JBF : Sterne néréis Sternula nereis exsul


L’objectif de fournir à la Sterne néreis Sternula nereis exsul (IUCN : VU) des sites de nidification libre de rats est donc atteint. L’espèce a d’ailleurs niché pour la première fois (à notre connaissance du moins) sur l’îlot Table en 2010. Cette année, c’est l’îlot Tiam’bouène qui accueille une colonie de 28 nids actifs. L’autre résultat très encourageant est la présence d’un chanteur de Pétrel de Tahiti Pseudobulweria rostrata trouessarti occupant un terrier sur l’îlot Table le 21 juillet 2011 au soir, alors que l’espèce n’avait jusqu’à présent jamais été contactée sur ce site. Seuls des terriers vides avaient été repérés. L’espèce semble donc en phase de recolonisation active de l’îlot suite à l’élimination du Rat noir. Sur chaque îlot, une nouvelle espèce d’oiseau absente avant les éradications a d’ailleurs été contactée ainsi que divers signes de la réponse de l’écosystème :

Tiam’bouène : le Ptilope de Grey Ptilonopus greyii y est désormais contacté depuis près d’un an, alors qu’il n’y avait jamais été noté. Cette espèce frugivore présente dans la région de Koumac bénéficie probablement désormais d’une meilleure disponibilité en fruits sur ce site ayant peu d’espèces fruitières. La reproduction du Zosterops à dos vert Zosterops xantochrous a aussi été constatée avec un nid situé à 40 cm du sol !

Double : l’Echenilleur calédonien Lalage leucopyga est nicheur très probable avec un mâle chanteur très territorial en juillet 2011, alors que l’espèce était absente de l’îlot. L’Œdicnème des récifs Esacus magnirostris (IUCN : NT) a été confirmé nicheur (un nid actif avec œuf) en 2010, soit un an après les éradications. L’utilisation de stations d’appâtage fermées sur les plages a donc été efficace pour éviter tout risque d’empoisonnement de ce gros limicole se nourrissant de crabes et d’invertébrés. Les observations de cet oiseau très rare en Calédonie (seulement deux couples confirmés nicheurs pour 6 sites actuellement connus) sont en augmentation sur la zone, notamment sur l’îlot Tiam’bouène où jusqu’à trois individus ont été vu ensemble. La Sterne néreis est toujours présente en nidification sur le site.

 

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                    Photos : SCO/JBF Œdicnème des récifs Esacus magnirostris


Table : outre le Pétrel de Tahiti, c’est aussi le Râle tiklin Gallirallus philippensis swindellsi qui fait son apparition, avec plusieurs contacts tant sur le plateau que dans la zone basse. Un signe fort de l’impact potentiel du Rat noir sur cette espèce, en tout cas dans le contexte des écosystèmes micro insulaires du lagon.

 

peta_table-copie-1.jpg


L’élimination des rats sur ces îlots s’avère donc un point de départ important pour la gestion de la ZICO des îlots du Nord Ouest. Il s’agit aussi d’une action importante pour la conservation de la Sterne néreis, très menacée en Calédonie et dont l’essentiel de la population se reproduit sur cette ZICO (70 à 90 couples pour une population calédonienne totale d’environ 130 couples). La rédaction d’un plan de gestion incluant le suivi des espèces patrimoniales et de la réponse de l’écosystème (notamment de la végétation sur la base des quadrats mis en place avant les épandages et suvisi par le botaniste de la province Nord JP Butin), la création concertée de réserves naturelles pour préserver les colonies de sternes des dérangements  humains, et enfin l’éradication des rats sur les quelques îlots inclus dans la ZICO qui en abritent encore, sont les étapes à venir dans un futur proche.

Par SCO
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